Chapter 05
The Living Essence
L'essence vivante
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Maëron guide les apprentis à travers les entrailles du Hyëra.
Le petit groupe de sept avance en file silencieuse, encore engourdis par le réveil. Sous leurs pas nus, le sol change peu à peu : Le long du bois lisse, dessinant de longs couloirs, apparait progressivement un tapis de mousse fraîche. L’air se fait plus humide et porte un parfum de terre et de sève. Bientôt, la lumière dorée du matin filtre en faisceaux à travers des fentes naturelles, révélant un espace ouvert insoupçonné, une sorte de clairière cachée au cœur de l’arbre-monde.
Les enfants écarquillent les yeux en découvrant ce lieu secret. Des racines colossales forment tout autour des arches noueuses, comme une cathédrale vivante. Au centre, un cercle de terre tendre est parsemé de fougères et de Lumilis, ces petites fleurs pâles qui luisent faiblement dans l’ombre. On entend le tumulte d’une chute au loin et, tout en haut, le bruissement feutré du feuillage. Tout semble vibrer d’une allégresse vitale.
Lyssa inspire profondément, le cœur battant d’excitation et de trac, tandis que Tyrian à ses côtés lui adresse un léger sourire rassurant.
Maëron s’arrête au milieu de la clairière intérieure et plante son bâton dans le sol spongieux. Sa voix douce rompt le silence :
« Asseyez-vous en cercle, mes enfants. » dit-il en désignant le sol moussu.
Les apprentis obtempèrent. Lyssa s’installe prudemment, ajustant sa tunique, et Tyrian vient s’asseoir juste à côté d’elle. Valyan, lui, reste légèrement en retrait comme à son habitude, hésitant, avant de s’agenouiller sur une racine apparente. Selmira prend place en tailleur, en poussant un petit soupir amusé devant le sérieux ambiant. Erynd manque de tomber en arrière tant son regard reste inlassablement attiré vers la haute voûte végétale au-dessus d’eux ; il finit par se poser contre un tronc secondaire, l’air absent. Soren, dernier à s’installer, s’essuie discrètement les paumes. Il a les mains moites. Il croise les jambes, le dos bien droit et les mâchoires serrées pour contrôler sa nervosité.
Maëron promene sur eux un regard bienveillant. Les rayons de lumière tachetée dansent sur sa silhouette élancée et sur sa chevelure grisonnante. Il leve doucement les deux mains, paumes vers le haut, en un geste d’accueil.
« Fermez les yeux, » murmura-t-il. « Respirez… Écoutez. »
Lyssa échange un dernier regard avec Tyrian pour s’encourager mutuellement. Elle ferme alors les paupières. L’obscurité tranquille l’enveloppe, seulement troublée par les sons doux et spirituels du lieu : le léger clapotis de l’eau, le frémissement lointain d’une branche, peut-être même un soupir du grand Hyëra lui-même.
« Aujourd’hui, reprit Maëron de sa voix basse qui résonne entre les racines, vous allez sentir l’essence vivante autour de vous. Sans fiole, sans élixir versé, uniquement par votre lien intérieur. »
Lyssa entend Selmira remuer à cette annonce. La jeune fille a entrouvert un œil sceptique.
Maëron continue d’un ton patient :
« L’essence circule en toute chose vivante. Les fioles que vous portez ne sont que des réceptacles et des guides. Mais vous, vous portez en vous le don de la percevoir directement. Alors, écoutez la terre sous vos pieds, l’air dans vos poumons »
Il marque une petite pause, et sa voix mue presque en un chant solennel.
« Écoutez le cœur du Hyëra, il bat autour de nous…»
Un silence s’ensuit, si profond que Lyssa croit réellement entendre quelque chose. Un bourdonnement infime, une note tenue très bas, comme le son d’une corde qu’on effleure. Est-ce son imagination ? À ses côtés, elle sent Tyrian frissonner. Lui aussi perçoit-il ce murmure ? Discrètement, du bout des doigts, Tyrian cherche la main de Lyssa posée sur la mousse. Elle la serre tendrement en retour. Ce simple contact la rassure et amplifie même sa concentration : peu à peu, elle oublie la présence de Maëron et des autres. Sa respiration ralentit.
Autour du cercle, chaque enfant tâche de suivre les consignes, avec plus ou moins de difficulté.
Soren serre toujours les paupières, tendu au point que ses épaules restent raides comme du bois mort. Il n’entend rien d’autre que le martèlement de son propre cœur inquiet. Derrière ses paupières closes, des images fugaces apparaissent, peut-être celles d’un avenir incertain : un ciel qui s’assombrit, une faille béante dans le sol, une ombre hurlante… Soren ravale péniblement sa salive et tente de chasser ces souvenirs.« Concentre-toi. Ce n’est pas réel », se répète-t-il sans succès.
Non loin de lui, Selmira lutte contre un tout autre obstacle : l’ennui. Le silence solennel, l’obscurité volontaire, tout cela la rend nerveuse et moqueuse. Après quelques instants, ne percevant rien d’extraordinaire sinon le gargouillis de son ventre matinal, elle esquisse un sourire. Lentement, elle entrouvre un œil. Personne ne la regarde : tous ont les yeux clos. Soren semble figé comme une statue, ce qui la fait pouffer intérieurement.
D’un geste taquin, Selmira lève la main devant son visage, imitant une expression extatique caricaturale à l’adresse d’Erynd, assis en face d’elle.
« Oh, la belle essence, je la ressens, je la ressens… » mime-t-elle silencieusement en roulant des yeux.
Erynd, justement, ne paraît rien voir du manège de Selmira, et pour cause : il garde les yeux ouverts.
Contrairement aux instructions, son regard erre sur les racines enlacées au plafond, puis sur les fines poussières dorées dans les rayons de lumière.
Il a l’air absent, perdu dans ses pensées… ou à l’écoute d’autre chose. Ses pupilles suivent un mouvement invisible, comme s’il observait des choses que les autres ne peuvent pas voir, de lointaines silhouettes dans le jeu de clair-obscur. Ses lèvres s’entrouvrent légèrement et sa tête se penche sur le côté, comme lorsque l’on tend l’oreille. Un souffle tiède glisse sur sa joue.
A-t-il rêvé ce murmure, là, juste derrière lui, semblable à un chuchotis dans une langue ancienne ? Un éclat doux traverse son regard, et pour la première fois depuis longtemps, son visage habituellement fuyant prend une expression de ravissement calme.
Maëron circule lentement autour du cercle formé par ses élèves, veillant à ce que chacun reste plongé dans l’exercice.
Il pose brièvement une main encourageante sur l’épaule de Soren, qui sursaute légèrement puis tente de relâcher ses muscles crispés. Le vieux guide esquisse un sourire en voyant Selmira se dandiner. Il perçoit déjà son espièglerie et, du bout de son bâton, tapote le sol près d’elle pour l’inviter au sérieux. La jeune fille rougit et referme les yeux, se mordant les lèvres pour ravaler un rire nerveux.
Quand Maëron passe près d’Erynd, il remarque le regard étrange du garçon, fixé en l’air et brillant d’une émotion contenue.
Maëron fronce légèrement les sourcils, intrigué, mais poursuit sa ronde sans un mot.
Arrivé à la hauteur de Lyssa et Tyrian, il s’arrête. Leurs deux visages sont détendus, presque sereins, leurs mains liées discrètement sur la mousse.
Il sent émaner d’eux une vague d’apaisement : les deux enfants s’harmonisent l’un l’autre sans même s’en rendre compte, leurs respirations accordées comme deux notes justes. Maëron pose la main sur la tête de Lyssa avec douceur, puis sur celle de Tyrian, et murmure :
« Très bien… Laissez venir à vous l’essence, tout doucement. »
Il recule enfin vers le centre du cercle, où seule une silhouette reste en attente : celle de Valyan. Le garçon s’assoit un peu à l’écart, légèrement en dehors du cercle formé par les autres, comme s’il n’osait s’y inclure complètement. Ses yeux sont fermés, et autour de lui, la lumière du matin dessine des taches mouvantes sa chevelure dorée. Sa fiole, suspendue à son cou par un fin cordon de cuir, frémit de temps à autre contre sa poitrine, comme une petite créature qui s’agite en rêve.
Valyan tente de faire le vide mais il redoute ce qu’il pourrait trouver au dedans.
« Et si je ne maîtrise rien ? » songe-t-il.
« Et si… » mais il n’ose formuler la seconde crainte qui l’étreint.
La mémoire de l’ombre qu’il a involontairement libérée la veille pèse sur son courage.
Il expire lentement, essayant de chasser la peur comme on souffle sur une bougie.
Petit à petit, le silence environnant l’enveloppe.
Il perçoit les mêmes artefacts naturels et apaisants que ses camarades : la chute d’eau, le vent léger. Puis autre chose. Quelque chose de plus profond, comme un battement étouffé, très lent.
Est-ce le battement de son propre cœur ? Non, cela vient d’en-dessous, ou de partout à la fois. Il écoute plus fort.
Derrière ce rythme sourd, il distingue une myriade de tonalités, minuscules et entêtantes : la vie foisonnante de la mousse, des insectes dans le bois, des feuilles, tout cela forme un chœur discret. L’air même vibre d’un chant presque imperceptible, comme si le monde retenait son souffle autour d’eux, dévoilant dans ce silence une mélodie cachée. Le cœur de Valyan s’allège, fasciné.
Sans qu’il le décide consciemment, il sent son être s’accorder à cette symphonie secrète. Là, dans le noir de ses paupières closes, une lumière douce commence à poindre. Ce n’est pas une lumière qu’il peu directement discerner, mais qu’il ressent au plus profond de son être : une tiédeur au creux de sa poitrine, juste à l’endroit où repose sa fiole. Elle se met à luire faiblement d’un rouge bleuté à travers son chemisier, répondant aux pulsations de son souffle. Valyan ne s’en aperçoit pas, perdu dans son écoute intérieure. Il se sent étrangement bien, comme bercé par le Hyëra lui-même.
Soudain, Lyssa fronce les sourcils.
Les yeux fermés, elle sent sur sa joue le passage d’un courant d’air tiède, comme la caresse d’une main invisible soulevant une mèche de ses cheveux.
Elle entrouvre les paupières, surprise. Une faible brise circule dans la clairière, faisant onduler les fougères. Pourtant, aucun couloir n’ouvre directement sur l’extérieur à cet endroit, et l’air jusque-là était parfaitement immobile.
À côté d’elle, Tyrian sent le souffle étranger lui aussi. Il ouvre les yeux et suit le regard de Lyssa. Tous deux se tournent vers Valyan.
Autour du garçon assis, quelque chose est en train de changer…
La mousse à ses pieds verdit à vue d’œil, comme si on l’arrosait de lumière. De minuscules spores luminescentes s’en échappent et flottent maintenant dans l’air, dansant autour de Valyan à la manière d’une myriade de lucioles dorées. La lueur bleutée qui émane de sous sa chemise devient plus intense, projetant sur son cou et son menton des reflets mouvants. Et ce vent doux, sorti de nulle part, tourbillonne faiblement autour de lui, soulevant les poussières et les pétales tombés.
Valyan, les yeux clos, ne bouge pas, absorbé dans sa méditation. Un demi-sourire apaisé flotte même sur ses lèvres, ignorant le spectacle fascinant, et légèrement inquiétant, qui se déploie autour de lui.
Mais le tourbillon s’amplifie, comme un vent surnaturel qui fait résonner les branches et vibrer le sol. Les feuilles mortes s’élèvent, tournoyant à ses pieds. Quelques objets chutent autour du cercle.
Soren sent également que quelque chose cloche.
Toujours tendu, il a fini par entrouvrir un œil à cause du mouvement de l’air. Lorsqu’il voit Valyan entouré de cette étrange brume lumineuse, son sang se glace.
« Pas encore… » pense-t-il, terrifié. Son cœur s’emballe et une sueur froide lui coule dans le dos.« Valyan ?! » appelle-t-il d’une voix blanche.
Le garçon au centre du cercle n’entend rien.
Erynd, lui, quitte enfin la voûte du regard pour observer avec fascination les spores dorées dansant autour de Valyan.
Selmira les fixe aussi, bouche bée, son envie de rire envolée.
Maëron, alerté par l’exclamation de Soren, se retourne. Il voit son élève enveloppé d’essence brute et sent aussitôt un mélange de fierté et de prudence l’envahir. L’éveil est spectaculaire, oui, mais peut-être prématuré.
Soren, lui, ne mesure plus rien qu’à l’aune de sa crainte. La brise s’intensifie autour de Valyan, les feuilles mortes se mettent à tournoyer, et il sent le souffle l’attirer vers le tourbillon. Ses pieds s’ancrent au sol pour ne pas fléchir. Le cœur battant à tout rompre, il hurle d’une voix tremblante :« Arrête ! »
Le cri fuse dans l’air comme une déchirure, faisant sursauter tous les apprentis.
Lyssa pousse un petit cri de surprise et porte la main à sa poitrine.
Tyrian se redresse à demi, par réflexe, cherchant du regard un danger invisible.
Erynd cligne des yeux, la vision intime qu’il poursuivait s’évapore.
Les spores lumineuses vacillent et retombent paresseusement au sol.
Valyan ouvre brusquement les yeux, désorienté. En une seconde, tout ce qu’il a ressenti s’échappe de lui. La connexion fragile qu’il tissait avec l’essence se rompt net, comme un fil qu’on brise. Autour de lui, les particules dorées retombent et la lueur de sa fiole décroît.Un vertige le saisit. Combien de temps est-il resté plongé là-dedans ?
« Que s’est-il passé ? » demande-t-il d’une voix rauque, la gorge sèche.
Son regard passe de Soren, debout, qui le fixe avec un mélange de colère et de peur, à Maëron, dont le visage soucieux ne laisse rien deviner de plus.
Soren, les poings serrés, fait un pas en avant en désignant Valyan d’un geste accusateur :« Tu ne maîtrises rien du tout ! » lance-t-il, la voix brisée par l’émotion.
« Regarde ce que tu fais… Tu… tu aurais pu… »Il ne termine pas. Les mots s’étranglent dans sa gorge, étouffés par la rage et la panique.
Un silence lourd tombe dans la clairière intérieure.
Erynd fixe Soren avec incompréhension, comme tiré trop vite d’un rêve profond.
Tyrian s’est entièrement relevé, et d’un geste protecteur, il aide également Lyssa à se remettre debout. Tous deux restent en retrait, interdits et mal à l’aise face à l’éclat de Soren.
Lyssa sent son cœur se serrer : dans les yeux de Soren, elle lit non pas de la malveillance, mais une colère absolue, presque enfantine, comme dépassée par des forces inconnues.
Valyan, figé, au centre du cercle rompu, a perdu toute insouciance.
Maëron intervient enfin, levant calmement la main en signe d’apaisement.
« Doucement, Soren », dit-il d’une voix posée mais ferme qui résonne sous la voûte de racines. Il s’approche du garçon tremblant et pose sur son épaule une main compatissante.
Soren baisse les yeux, réalisant sans doute qu’il a crié plus fort qu’il ne le voulait. Il recule d’un pas, la respiration encore affolée.
Le guide se tourne alors vers Valyan. Ce dernier croit voir une lueur de fierté, tempérée d’avertissement, dans ses yeux.
Maëron n’est pas en colère, seulement soucieux.« Ne craignez rien », dit-il à l’ensemble du groupe.
« Personne n’a été blessé. L’exercice est difficile, et Valyan a touché quelque chose de puissant en lui, c’est un fait… »
Valyan baisse la tête, honteux. Il sent la vague de culpabilité l’envahir. Il n’a voulu faire de mal à personne, pourtant. A-t-il failli perdre le contrôle ? « Comme hier… » pense-t-il avec angoisse.
Les larmes menacent, mais il les ravale.
Maëron fait quelques pas pour se placer près de lui.
« …Mais c’est pour cela que nous sommes ici », reprend-il doucement, en regardant Soren puis les autres.
« Pour apprendre. »
Un à un, les apprentis harmonistes reprennent leur souffle. Tyrian et Lyssa s’avancent et, dans un élan spontané, Lyssa prend la main de Valyan dans la sienne pour le réconforter. Surpris, le garçon relève les yeux vers elle. Il y lit une inquiétude sincère, mais aussi une absence de jugement qui le touche.
Tyrian pose sa paume sur l’épaule de Valyan à son tour, lui accordant un sourire prudent. Ce simple geste d’amitié fait pétiller un peu de légèreté au milieu de son tourbillon intérieur.
Soren, toujours secoué, ouvre la bouche comme pour protester encore, mais Selmira s’approche de lui et lui prend le bras avec douceur.
« C’est fini… Tout va bien », murmure-t-elle en cherchant son regard.
Soren inspire profondément, le visage brûlant de honte et de crainte mêlées. Il acquiesce d’un petit signe de tête sans trouver ses mots. Erynd, accroupi, effleure du bout des doigts les spores lumineuses qui gisent encore sur la mousse. Son visage garde un air étrangement paisible.
« Ce sera tout pour aujourd’hui, annonce enfin Maëron d’un ton doux qui n’invite pas à discuter, Vous avez très bien travaillé. »
Son regard embrasse le cercle dissipé des élèves encore secoués.
« Chacun de vous a senti un frémissement de l’essence vivante, n’est-ce pas ? » ajoute-t-il avec un léger sourire.
Lyssa opine lentement. Oui… elle l’a senti, cette caresse tiède sur sa joue, ce murmure au fond de son cœur. Et plus encore, elle a vu l’essence se manifester tangiblement autour de Valyan.
Malgré la peur, malgré la tension, elle en est émerveillée.
« C’était réel… Nous pouvons le faire. » pense-t-elle, des étincelles d’exaltation dans le ventre.
Selmira retrouve assez d’assurance pour lever la main et demander d’une voix un peu trop aiguë, comme pour détendre l’atmosphère :
« Maëron… est-ce qu’on pourra recommencer demain ? »
On sent dans sa question tout le mélange d’inquiétude et d’excitation qui agite chacun d’eux.
Le vieux maître éclate d’un rire léger qui résonne sur les parois boisées.
« Demain, et tous les jours qu’il faudra », répond-il avec une bienveillance taquine. « Mais d’ici là, un bon déjeuner et un peu de repos s’imposent. »
Il invite d’un geste les enfants à le suivre vers le couloir par lequel ils sont venus.
Soren passe une main distraite sur son visage pour chasser les images de son esprit. Il avance vers la sortie, le regard baissé, Selmira toujours à son côté.
Erynd se relève lentement, les yeux encore perdus dans ses pensées mystérieuses.
Lyssa et Tyrian entourent Valyan comme deux gardiens chaleureux, ne s’écartant de lui qu’à pas mesurés, veillant sur son silence fragile.
Tous prennent le chemin du retour à la lueur des Lumilis, le cœur chamboulé mais vibrant d’une énergie nouvelle. En quittant la clairière intérieure, aucun d’eux ne sait vraiment mettre de mots sur ce qu’il vient de se passer.
Ils viennent d’effleurer, pour la première fois, la magie brute de leur essence vivante. Ils en ont senti les dangers, les merveilles. Et entre eux, déjà, quelque chose change. Des liens invisibles, tantôt harmonieux tantôt dissonants, se tissent, unissant le cercle naissant des apprentis harmonistes dans l’aventure incertaine qui les attend.