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Chapter 09

The Shadow and the Signs

L'ombre et les signes

The Last Harmonist · Alex Sega

A leur retour au village, une petite veillée est organisée pour fêter le retour des harmonistes en herbe : musique, rires, couronnes de fleurs, comme pour conjurer les inquiétudes des derniers jours.

Les enfants résonants sont invités à partager un instant d’allégresse.

Pourtant, certains villageois restent en retrait de cette fête de façade, en réalité organisée par les sages pour conjurer la crainte des habitants.

Dans les champs de Solhyën, la corruption gagne du terrain. Après le carré de blé noircit, c’est un verger entier qui a donné des fruits tachés de suie, immangeables. Le ruisseau qui traverse la vallée porte à présent une odeur métallique.

Les villageois, jadis confiants, s’arrêtent au milieu de leurs tâches pour scruter l’horizon. Les conversations baissent d’un ton à l’approche des apprentis.

Certains détournent le regard, d’autres font mine de tracer un signe de protection sur leur poitrine.

« Ce sont eux… », souffle une vieille femme à l’entrée du marché.
« Depuis leur rite, la contrée se flétrit. »

Ses paroles glissent d’oreille en oreille, et bientôt les murmures deviennent des rumeurs.

Le cercle des résonants le ressent durement.

À la sortie d’une leçon, Soren crache au sol en voyant deux paysans s’éloigner d’eux à grands pas.

« Qu’on m’explique encore pourquoi nous restons là ? Ils nous craignent déjà comme la peste. »

Kara, fidèle à son rôle de gardienne, lui lance un regard de glace.

« Ce n’est pas en répétant leurs peurs que tu les calmeras. Nous devons tenir ensemble. »

Soren serre les poings mais ne réplique pas. Dans son regard, l’hostilité croît de jour en jour.

Maëron, lui, reste en retrait, une coupe de vin à la main, mais ses yeux ne quittent pas le ciel.

Orwyn, à l’écart, semble plus sombre que jamais.

Il décide de convoquer secrètement Valyan à part.

Ils marchent alors jusqu’à une crête où les arbres se taisent.

« Assieds-toi. »

Le vieil homme tire lentement sa Lame-Aura. Même éteinte, elle vibre dans l’air comme une corde tendue.

« Les Harmonistes ne buvaient pas toujours leurs fioles. Ils savaient que l’essence ne vit pas dans le liquide, mais partout. Dans l’air. Dans la pierre. Dans ton souffle. »

Il tend la lame à Valyan.

« Ferme les yeux. Ne pense pas à manier une arme. Ressens-la. »

Valyan obéit. Ses mains tremblent en tenant le métal froid.

Au début : rien. Puis un frisson. Comme si une chaleur étrangère glissait le long de ses bras. La lame palpite, légère, presque vivante.

« Tu sens ? » demande Orwyn.
- Oui… c’est comme… une voix. »
- Alors souviens-toi : l’ombre aussi a une voix. Elle cherchera à t’imiter. Tu devras apprendre à distinguer la sienne. »

Orwyn rengaine la lame d’un geste sec.

Valyan ouvre les yeux, surpris.

« Quand tu maitriseras la lame-aura, tu n’auras plus besoin d’épée. »

La nuit est tombée. Les torches plantées autour du grand chêne de Lysora diffusent une clarté douce, comme un manteau posé sur le village.

Valyan est revenu parmi les siens et respire enfin, comme si l’air lui revenait après des heures passées sous le poids des regards. Ses jambes tremblent un peu.

Nëlwyn s’approche, sans un mot d’abord, puis lui prend enfin la main après des semaines sans pouvoir trop échanger. Sa peau est tiède et rassurante.

« Tu as su résister au conseil, aux épreuves et à l’enseignement de tes maîtres finalement », dit-elle avec un sourire léger, cherchant à chasser l’ombre qui plane sur eux.

Il secoue la tête, incapable d’esquisser un sourire franc.

« Ils ne voient en moi qu’un danger à venir. Et s’ils décident finalement de m’exiler… qu’adviendra-t-il de toi, de nous ? »

Nëlwyn s’arrête, le regarde droit dans les yeux. Ses cheveux sombres et soyeux reflètent la flamme des torches.

« Je t’ai déjà perdu une fois, Valyan. Quand l’eau m’a emportée, j’ai cru ne jamais revoir l’éclat de ce monde. Mais tu étais là. Tu seras toujours là pour nous, je le sais. Alors même si le monde entier se déchaîne, je t’attendrais, je serais là pour toi. »

Valyan baisse la tête, incapable de répondre. Une larme roule malgré lui, vite effacée d’un revers de main. Nëlwyn s’approche encore, pose son front contre le sien. Leurs souffles se mêlent.

Dans le creux d’un buisson, un bruissement léger se fait entendre. Valyan se retourne… et aperçoit deux petites oreilles dorées qui dépassent. Le Luthien.

Le renard avance de quelques pas, ses pattes laissant éclore de minuscules fleurs dans l’herbe. Il s’assied, incline la tête, comme pour dire : « Je veille. »

Nëlwyn serre un peu plus la main de Valyan.

« Vois… tu n’es pas seul. »

Le garçon inspire profondément. Dans le silence de la nuit, entre les torches et le souffle du vent, il se sent enfin un peu plus léger, même si le sort n’a pas encore été prononcé.

Le Luthien s’est approché, sans crainte, et s’est couché près de Valyan, enroulé comme une flamme dorée. Ses yeux brillent, mi-curieux, mi-protecteurs. Valyan tend doucement la main ; l’animal accepte, posant sa tête contre ses doigts.

« La nature a choisi son camp. » chuchote Nëlwyn, un sourire attendri aux lèvres.

Un éclat de rire, fragile, échappe à Valyan. C’est le premier depuis longtemps. Et dans ce rire, il y a une étincelle d’enfant, celle qu’aucun conseil, aucune crainte, aucune guerre ne peut étouffer

La nuit semble vouloir durer toujours ainsi, douce et apaisée. Mais dans le Hyëra central de Solhyën, les sages débattent de leurs inquiétudes récentes.

Plus loin, au-delà des collines, sous les ombres épaisses de Noctalys, quelque chose s’éveille déjà.

Tous ne trouvent pas la quiétude dans cette veillée. Miné par la peur et la colère, Soren, lui, a quitté la fête depuis longtemps.

Profitant d’un moment d’inattention, il s’est éclipsé dans l’obscurité des bois environnants, la mâchoire serrée et le cœur battant d’amertume. Il en veut au village entier, à ses regards fuyants, à ses murmures. Ses pas le mènent près d’un étang niché à la lisière de la clairière. L’eau y reflète faiblement la lumière des deux lunes.

Soren s’accroupit au bord de la mare et y plonge ses mains pour se rafraîchir le visage, espérant apaiser le bouillonnement en lui. Le souffle court, il fixe son reflet déformé par les rides de l’eau.

Un frisson soudain lui glace l’échine.

Entre deux ondulations, il a cru voir une forme sombre tapie derrière lui.

Il se redresse brusquement et scrute les arbres alentour.

« Il y a quelqu’un ? » souffle-t-il.

Lentement, Soren se penche de nouveau au-dessus de l’eau noire. Cette fois, ce n’est plus son visage que le miroir nocturne lui renvoie.

Une ombre informe grandit sous la surface, obscurcissant le reflet des lunes. Soren recule, alarmé. Au même instant, la masse ténébreuse jaillit de la mare. Deux bras liquides et glacés s’enroulent violemment autour de ses épaules. Le jeune homme pousse un cri étranglé tandis qu’une force irrésistible le tire vers le fond.

L’eau noire engloutit son visage, étouffe son appel, puis plus rien. En quelques secondes, Soren disparaît sous la surface. Des cercles se forment à l’endroit où il se tenait, puis l’onde redevient lisse et muette, comme si de rien n’était. Le silence retombe sur la mare immobile, sans la moindre trace du jeune résonant.

Et alors, dans un grondement lointain… le sol tremble à nouveau.

Mais ce n’est plus le Champ.

C’est la terre entière.

Des cris s’élèvent du haut des collines. Des panaches de fumée noire s’élancent à l’horizon. Une lumière pourpre éclaire les cieux au loin. Quelque chose approche. Quelque chose de gigantesque.

Le Hyëra hurle de l’intérieur. Une onde sombre monte par ses racines.

Un cri. Strident. Suraigu. Il fend le ciel comme une lame invisible.

Les torches vacillent. Le peuple, massé au pied de l’arbre-monde, lève les yeux d’un seul mouvement. Dans l’obscurité, une ombre passe, immense, couvrant la clarté des deux lunes.

Le premier Corgor surgit : Les serres de l’immense oiseau raclent les toits et projettent des gerbes d’étincelles. Son bec veiné de rouge incandescent claque dans l’air, sec, implacable. Son cri déchire la nuit.

Puis un deuxième. Un troisième. Un quatrième.

Les Corgors tournent en spirale au-dessus de Solhyën, faisant trembler les branches géantes du Hyëra primaire.

« Fuyez… » souffle un Sage en reculant.

La panique éclate. Les Solhynéens invoquent leurs fioles :

« Floranthys ! »
« Lhyralya ! »

Des lianes jaillissent du sol en direction des créatures, des fleurs éclatent en projetant un pollen si dense qu’il leur fait perdre un instant leur orientation, mais les Corgors les balayent d’un seul battement d’aile. Les bourgeons s’éteignent, fauchés par le vent noir.

L’un des oiseaux plonge. Ses serres s’abattent sur la cime du Hyëra, arrachant des éclats de bois millénaire. L’arbre gémit, comme blessé. Des lambeaux de feuilles brûlent dans l’air.

Dame Lirën apparait au sommet, face au trou béant laissé par l’attaque. La grande salle vient d’être broyée. Elle s’écrie en gémissant :

« Protégez l’arbre ! »

Mais le deuxième Corgor fond déjà sur la foule. Les villageois se dispersent en hurlant. Un enfant trébuche et s’écroule dans l’herbe. Le bec recourbé s’ouvre pour le happer.

« Soliris ! »

Orwyn apparaît en brandissant sa lame. Une clarté bleutée fend l’air et repousse le monstre d’un éclair. Mais à peine l’oiseau s’écarte-t-il que deux autres replongent, encerclant l’esplanade.

Valyan, le souffle court, serre sa fiole contre lui. Elle pulse d’un éclat rouge et bleu mêlés, vibrant à chaque cri des Corgors.

Un hurlement strident couvre ses mots. Le troisième Corgor fuse en rase motte, brisant la façade d’une maison, arrachant ses toits comme des fétus de paille. La panique est totale.

Valyan fixe ses mains, tremblantes. Il sent qu’il pourrait invoquer… mais une peur glaciale l’étreint. Sa gorge refuse de prononcer le moindre mot.

Un nuage d’ombres perforées de lumière rouge jaillit soudain du sol, entourant les sentiers, les ruelles, les habitations. Les Lyskaïrs sont là.

Les cris se multiplient. Les torches tombent. Le chaos s’installe. Certains essaient de fuir, mais se retrouvent encerclés. D’autres sont saisis, enchaînés à même le sol, face contre terre.

Les enfants sont arrachés à leurs familles. Les plus vieux sont réduits au silence par un souffle noir qui fige leurs membres.

Selmira, la voix brisée par l’effroi, est tirée en arrière par un soldat de l’ombre. La fillette se débat, les bras tendus vers sa mère, mais le Lyskaïr la saisit sans ménagement par les cheveux et la traîne à travers l’esplanade.

À quelques pas, Erynd se jette en avant pour défendre les siens.

« Lhyralya ! » hurle-t-il en brandissant sa fiole vers un assaillant. Une gerbe de lianes fuse du sol, mais d’un revers de lame, le Lyskaïr tranche les trop faibles pousses verdoyantes. Le poing noir du soldat s’abat sur Erynd, qui s’écroule à genoux, à moitié assommé. L’instant d’après, des chaînes d’ombre lui entravent les poignets.

Kara accourt alors, poussée par son instinct de gardienne.

« Courez ! » crie-t-elle en s’interposant devant Tyrian et Lyssa, pour faire rempart de son corps. Une onde noire jaillit des ténèbres et la frappe en plein torse. Kara vacille sous la violence du choc, puis s’effondre, suffoquant.

Aussitôt, un Lyskaïr la relève d’une poigne brutale et enlace ses poignets d’une chaîne obscure.

Tyrian pousse un cri de terreur en voyant Kara s’écrouler. Il serre Lyssa contre lui, tremblant, tandis qu’un soldat masqué s’avance, une chaîne à la main prête à les lier à leur tour.

Soudain, un éclat fauve bondit entre les débris et les ombres. Deux prunelles d’or luisent dans la nuit derrière le Lyskaïr.

Le Luthien !

Dans un jappement aigu, le renard mystique détale entre les jambes du soldat. Désorienté une seconde par cette apparition, l’assaillant suspend son geste. Profitant de la diversion, Tyrian attrape la main de sa dulcinée.

Guidés par le petit gardien aux oreilles dorées, ils s’enfoncent sans un bruit à la suite de l’animal sous le couvert des arbres. Le fracas de la bataille couvre le bruissement de leur fuite. Bientôt, leurs deux silhouettes menues se fondent dans l’obscurité, échappant in extremis au carnage.

Tyrian court à perdre haleine, entraînant Lyssa par la main. Le Luthien bondit devant eux, ses oreilles dorées se balançant comme deux éclats de lune dans l’obscurité.

Les galeries du Hyëra se referment sur leur fuite. Les murs vivants palpitent de sève, luisant par endroits d’une clarté bleutée. Les racines s’entrelacent au-dessus de leurs têtes, formant un couloir tortueux qui semble respirer. Le sol vibre à chaque hurlement lointain des Corgors, mais déjà le vacarme paraît irréel, comme si la forêt engloutissait le monde.

« Par ici ! » souffle Tyrian, haletant, mais c’est le renard qui les guide vraiment.

Le Luthien s’arrête parfois, jette un regard en arrière, puis s’élance à nouveau. Lyssa trébuche, son souffle court, mais Tyrian la rattrape à chaque fois, la relevant avec une douceur protectrice.

Ils descendent toujours plus profondément. L’air devient humide, chargé d’une odeur de terre et de résine. Le silence est pesant, seulement troublé par leur souffle précipité.

Puis, peu à peu, un autre son se mêle : un grondement sourd, régulier, semblable à un tambour qui bat dans les entrailles de la terre.

Le Luthien s’arrête net. Ses oreilles se dressent, son pelage luit plus fort.

Devant eux, l’ombre s’épaissit. Deux lueurs dorées surgissent de la pénombre.

Un souffle colossal balaie la galerie. La forme se détache enfin : une panthère immense, aussi haute qu’un chariot, le pelage noir parcouru de veinures bleu argent. Ses yeux d’or fixent les deux enfants, brûlants de puissance. Chaque pas qu’elle fait résonne comme un tonnerre contenu.

Voici donc qu’apparaît enfin cette créature qu’ils entendaient parfois gémir la nuit dans les entrailles du Hyëra.

Lyssa étouffe un cri et recule d’instinct.

Tyrian, le cœur battant, se place devant elle, bras écartés, prêt à se jeter entre la bête et la jeune fille.

« C’est un Enyx. Reste derrière moi ! » dit-il, sa voix tremblante mais ferme.

La panthère avance, son souffle secouant leurs cheveux. Un grondement s’élève de sa gorge, profond comme la nuit.

Le Luthien, pourtant, ne bouge pas. Il s’assoit calmement entre les enfants et la créature, sa queue battant doucement le sol.

Lyssa, pétrifiée, remarque alors une cicatrice énorme sur le flanc de la bête. Une plaie ancienne, mal refermée, d’où suinte une sève sombre. Son cœur se serre. Sans réfléchir, elle pose une main sur la poitrine de Tyrian et le pousse doucement de côté.

« Laisse-moi… chuchote-t-elle.

Lyssa, non ! » proteste Tyrian, mais sa voix se brise sur la volonté de la belle.

Elle s’avance d’un pas tremblant. Son corps entier vacille, mais sa main se pose sur la cicatrice. La panthère grogne, ses yeux étincellent.

Tyrian serre les poings, prêt à bondir, retenant son souffle.

Lorsque les doigts de Lyssa touchent la plaie, une chaleur douce jaillit. Sa fiole suspendue à son cou s’illumine d’une lueur rose et or, éclat fragile mais persistant. La lumière se répand de sa paume vers la blessure. Peu à peu, le flot sombre se calme. Les veinures du pelage s’illuminent, vibrant comme des ruisseaux de sève claire.

La panthère ferme les yeux. Son souffle se fait plus lent, apaisé. Dans un grondement sourd qui n’est plus une menace mais un chant, elle incline la tête vers la jeune fille.

Lyssa chancelle, épuisée. Tyrian la rattrape aussitôt, la serrant contre lui. Ses yeux humides fixent la bête, incrédules.

« Tu l’as… guérie. »

La panthère se couche lentement, ses flancs massifs se soulevant comme une montagne vivante. Elle tourne la tête vers eux, les invitant à grimper sans un mot. Le Luthien gratte le sol de ses pattes, puis saute avec agilité sur l’échine sombre.

Tyrian et Lyssa échangent un regard. Elle hoche la tête, encore tremblante. Ensemble, ils escaladent le dos de la créature.

Enfin solidement assis, Tyrian entoure Lyssa de son bras pour la maintenir. La bête s’élance.

Alors commence une chevauchée hors du temps. Les racines s’écartent d’elles-mêmes devant le Enyx, révélant des couloirs infinis. La panthère glisse dans l’ombre, rapide et souple malgré sa taille.

Autour d’eux, la sève luit comme un ciel inversé, constellé d’étoiles bleues. Le souffle de la créature emplit la galerie, grave et protecteur.

Enfin, une clarté apparaît : une ouverture dissimulée derrière une cascade.

Le Enyx bondit, et les voilà projetés hors des entrailles du Hyëra, l’eau jaillissant tout autour d’eux. Ils émergent dans une vallée étrangère, baignée d’une lune blanche et immobile. Le vent sent la roche et la bruyère.

La panthère s’arrête au bord de la clairière. Elle baisse la tête, permettant aux deux enfants de descendre. Le Luthien saute à terre et se frotte, reconnaissant, contre la patte du Enyx.

Lyssa, les jambes flageolantes, caresse doucement le flanc cicatrisé de la bête. Ses yeux brillent encore de ces deux étoiles dorées et bienveillantes. Puis, sans un bruit, le Enyx recule vers la cascade et disparaît dans l’écume, retournant à ses profondeurs.

Tyrian enlace un instant Lyssa, incapable de trouver les mots. Le silence de la vallée est presque trop intense après tout ce tumulte. Ils sont vivants. Ensemble.